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____Il devait être entre NCIS (NDLA: une série policière du jeudi débutant à 20h50) et l'extinction de la lumière de ma chambre, quand mon père est rentré, vieil homme aigri et égoïste, suivit de près par ma mère, femme effrayée par sa propre fille autiste
____- Ta mère et moi avons pris une décision. Nous te refusons à nos cotés. Nous ne pouvons pas vivre avec toi sur les bras. Nous avons hésité entre trois solutions : ta mort, ton exil, ou celui de ta s½ur.
____Je ne réagis même pas lorsqu'il cita cette s½ur inconnue. Pas étonnant.
____- Nous pensons donc que la meilleure solution serait ton exil. Tu mets notre bonheur en péril, tu comprends?
____Aucune réaction. Il me regardait comme si tout était de ma faute. Comme si être comme j'étais relevait de mon propre choix.
____- Nous allons te transférer dans le Nord de l'état de Washington, dans l'hôpital de la bourgade de Forks. C'est le seul qui ai accepté de te prendre en charge. Ce trajet sera effectué en ambulance et le médecin en chef, le docteur Cullen, te prendra en charge. Nous ne sommes plus tes «responsables légaux». Nous ne sommes plus tes parents. Adieu.
____Ma «mère» me dévisagea avec inquiétude. Mes yeux ne changèrent pas de position. J'étais effrayée de partir, mais résignée. Je voyais bien que je n'étais pas leur enfant. Pas dans leurs c½urs en tout cas. C'est alors qu'une petite fille s'avança. Elle devait avoir entre les cinq, six ans, tout au plus. Ses cheveux et sa peau d'une extrême blancheur faisaient peur et ses yeux rouges vifs me fixaient. Elle saisit la main de mon «père» et celui-ci me dit:
____- Voici ta s½ur. Elle est devenue albinos quasiment au même moment où tu est devenue autiste. Tu est une charge trop lourde à supporter. Tu n'es plus notre fille. Adieu.
____Ce furent les dernières paroles que j'entendis de cet homme. Ma «mère» s'approcha de moi armée d'une seringue. Je ne me débattis pas lorsque je sentis l'aiguille transpercer mon bras de part et d'autre. Je sombrais...
____Lorsque je repris conscience, la première chose que je perçu fut le martèlement sourd de la pluie. Mon corps était légèrement balloté. Je ne sus où j'étais. Les paroles de mon ex-père me revinrent à l'esprit. Dans une ambulance. J'étais dans une ambulance. Une douleur lancinante me traversa le bras. Le contre-coup de la piqûre. J'étais allongée sur quelque chose de dur et de froid. Un lit d'hôpital, surement. Mais mes paupières étaient trop lourdes pour me permettre de confirmer cette hypothèse.
____J'entendis alors des rires étouffés. Des rires d'hommes. Peut-être des infirmiers. Peut-être. Ils étaient trois. Ce qui signifiait que le trajet était long. Lors de trajets habituels en ambulance, il y a un médecin ou infirmier à l'arrière et deux à l'avant qui conduisent. Ces consignes doivent être obligatoirement suivies, sauf au cas où le patient serait atteint de maladie grave et contagieuse. Bon pour moi, ça.
____Mes yeux réussirent enfin à s'ouvrir et je vis ... rien. Enfin si, de la lumière. Juste un flot de lumière inépuisable.
____De longues minutes passèrent, tellement longues que j'aurais cru qu'elles duraient des années. Lorsque je réussis à vaincre mon aveuglement et que j'eus repris mes esprits – enfin si je puis m'exprimer ainsi pour une personne comme moi – je vis une sorte de pièce encombrée. En réalité, le coffre de l'ambulance était plutôt étriqué et inconfortable. Des tonnes de tubes, de bocaux trônaient fièrement sur de petites étagères, légèrement bancales, prêtes à se renverser à chaque soubresauts de l'engin.
____Mais moi, je ne ressentais rien. Je n'éprouvai aucun ennui à rester allongée inconfortablement des heures durant. Je ne ressentais pas non plus de tristesse ou de regret vis-à-vis de l'abandon de mes parents, ni d'angoisse à l'idée de ma future intégration dans un hôpital qui m'étais totalement inconnu.
____J'étais amorphe.
____Il ne me fallu pas longtemps pour me rendormir et je le fis dans l'exacte même position dans laquelle je m'étais réveillée quelques minutes auparavant. Je ne me rendis pas compte que le seul mouvement que mon corps fit de toute la journée fut le cligner les yeux.
____Je ne me réveillais que lorsque l'ambulance s'arrêta enfin. J'entendis mes trois infirmiers descendre. Mes yeux restèrent clos. Ils parlaient. Une voix d'homme, nettement plus aiguë que celle de mes infirmiers retenti alors. Je du me concentrer pour saisir leur conversation :
____- ... livrons la malade. Nous devons conclure un ... la voix d'un de mes infirmiers, rauque, se transforma en murmure... marché avec le médecin qui s'occupe de cet hôpital.
____- De quoi est-il question? Demanda la voix fluette. Le médecin en chef est absent. Il vient de faire une journée complète et est allé se reposer. Nous ne pouvons nous permettre de le rappeler. Je suis l'adjoint du médecin en chef. Que puis-je pour vous?
____Je ne sus pourquoi mais cette voix me faisait penser à celle d'un enfant contrastant avec celles graves, sinistres, inquiétantes de mes infirmiers. Un de ces derniers repris :
____- Alors, que cela reste entre nous, je vous fais confiance. Nous avons ordre de tenter de garder la malade. Pour usage personnel. Le patron en personne nous l'as «attribuée». Nous avons besoin d'une couverture. Pouvez-vous dire qu'elle s'est enfuie? Notre patron est un homme très... influent, vous savez? C'est le père de cette jeune fille. Et ce n'est pas un petit médecin de pacotille qui fera peur au directeur du Mount Sinai Hospital!
____Ce fut presque comme si j'entendis le sous chef déglutir devant la menace. Mais qu'il n'appréciait pas ce chantage.
____Mais ce ne fut pas lui qui répondis.
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Alors?
Je vous l'accorde, ses parents sont horribles!
Alana